Les marchés ont démarré la semaine sous le signe de l'aversion au risque après de nouvelles frappes américaines contre des sites militaires iraniens le 1er septembre, ciblant des installations liées aux Gardiens de la révolution près de Bandar Abbas et de Chabahar. Deux pétroliers, l'un saoudien et l'autre sud-coréen, ont par ailleurs été touchés par des tirs alors qu'ils transitaient par le détroit d'Ormuz, selon Yahoo Finance.
Conséquence directe sur le marché de l'énergie : le Brent a bondi de plus de 4 % pour repasser au-dessus de 94 dollars le baril, son plus haut niveau en près de six semaines, tandis que le WTI a gagné environ 4,5 %, se rapprochant des 90 dollars. Ces niveaux marquent un net regain de tension après plusieurs semaines de relative accalmie sur les prix du pétrole.
« Si la nation défaillante qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera frappée à nouveau, avec plus de force et à un niveau plus élevé. » Donald Trump, sur Truth Social — rapporté par Yahoo Finance
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a de son côté estimé que le détroit d'Ormuz deviendrait « sans valeur » d'ici deux ans, à mesure que de nouveaux pipelines permettront de contourner cette voie maritime stratégique. Téhéran a annoncé vouloir riposter, après avoir déjà visé deux bases militaires américaines aux Émirats arabes unis via les Gardiens de la révolution, selon FXStreet.
L'or recule malgré le climat géopolitique tendu
Fait notable, l'or n'a pas profité de ce regain d'aversion au risque : le métal jaune a perdu plus de 2,5 % mardi, retombant sur un plus bas de deux semaines sous les 4 300 dollars l'once avant de se stabiliser légèrement au-dessus de ce niveau mercredi matin. Cette baisse s'explique en grande partie par la remontée des rendements obligataires américains — le 2 ans a gagné environ 5 points de base, le 10 ans et le 30 ans respectivement 4 et 2 points de base — et par des probabilités de hausse de taux de la Fed en septembre désormais estimées à environ 70 %, deux facteurs qui pèsent traditionnellement sur le métal précieux.
La RBNZ relève ses taux, le dollar néo-zélandais sous pression
Sur le front des banques centrales, la Reserve Bank of New Zealand a relevé son taux directeur de 25 points de base à 2,75 %, contre 2,50 % précédemment, une décision conforme aux attentes du marché. Le NZD/USD est repassé sous 0,5855 dans la foulée, la paire ayant touché un plus bas de trois semaines. Les stratégistes d'ING ont évoqué « des risques baissiers pour le NZD », jugeant que les anticipations de marché tablant sur 95 points de base de hausses supplémentaires d'ici juin 2027 semblent « nettement trop optimistes ».
Sur l'indice dollar, le mouvement se traduit par une approche du seuil des 100,00, l'USD/JPY reculant légèrement à 159,65 (-0,35 %) tandis que l'USD/CAD est repassé au-dessus de 1,3900, porté par la flambée du pétrole qui n'a pourtant pas suffi à soutenir le dollar canadien face au billet vert.
Prochain rendez-vous : le rapport sur l'emploi américain
La prochaine échéance majeure reste le rapport officiel sur l'emploi américain, attendu vendredi. Les économistes tablent sur environ 58 000 créations de postes en août et un taux de chômage stable à 4,1 %. Un chiffre supérieur aux attentes renforcerait les paris sur une hausse de taux de la Fed ce mois-ci et pourrait continuer à soutenir le dollar face aux devises plus sensibles au risque comme le NZD.