Le Bitcoin et l'Ethereum ont reculé mercredi matin après une nouvelle série de frappes aériennes américaines contre des cibles iraniennes, tandis que les prix du pétrole progressaient sur fond de craintes pour l'approvisionnement énergétique en provenance du golfe Persique. Le regain de tensions entre Washington et Téhéran intervient à deux semaines de la prochaine réunion de la Réserve fédérale.

Bitcoin et Ethereum sous pression

Selon les données rapportées par Yahoo Finance, le Bitcoin est passé de 77 395,89 $ à l'ouverture de mardi à 76 597,13 $ mercredi à 7h13 (heure de New York), soit un repli d'environ 1,5 %. L'Ethereum a suivi le même mouvement, reculant de 2 417,66 $ à 2 373,76 $, soit environ -2,0 % sur la même période. L'article relie directement ce mouvement à « une nouvelle série de frappes aériennes américaines contre des cibles iraniennes, qui fait grimper la violence de la guerre entre les deux pays ».

Le pétrole grimpe, le détroit d'Ormuz sous surveillance

À l'inverse des actifs risqués, le pétrole a progressé : le Brent s'échangeait à 92,21 $ le baril (+1,9 %) et le WTI à 87,88 $ (+2,47 %) mardi, selon Reuters. La hausse fait suite à des menaces du président américain Donald Trump concernant de nouvelles frappes, dans un contexte d'échanges d'attaques directes entre les deux pays depuis fin juillet. Deux pétroliers saoudiens ont par ailleurs été touchés par des projectiles non identifiés dans le détroit d'Ormuz lundi, et le trafic maritime y serait tombé à environ 5 navires par jour, contre une moyenne de 14 sur les dix jours précédents.

« The tit-for-tat missile exchanges between the U.S. and Iran bring validation to those who believe that even if not a 'forever war', this conflict will run and run. » — John Evans, analyste chez PVM

Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank, souligne pour sa part que « ces nouvelles hostilités entre les États-Unis et l'Iran ravivent les craintes de perturbations prolongées des flux énergétiques via le détroit d'Ormuz », un point de passage stratégique pour une large part des exportations mondiales de pétrole.

Un contexte macro déjà tendu

Cette poussée géopolitique intervient alors que l'indice ISM manufacturier américain pour août, publié le 2 septembre, est ressorti à 54,6 %, en repli d'un point par rapport aux 55,6 % de juillet mais marquant tout de même un huitième mois consécutif d'expansion du secteur manufacturier. La hausse du pétrole ravive par ailleurs les inquiétudes inflationnistes à l'approche de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed prévue les 15 et 16 septembre, un rendez-vous que les marchés surveilleront de près pour évaluer la trajectoire des taux directeurs.

Pour les traders, cet épisode illustre à quel point un choc géopolitique peut, en quelques heures, faire bouger simultanément les cryptomonnaies, les matières premières et les anticipations de taux. La situation reste évolutive et peut se retourner rapidement selon l'évolution du conflit ; elle mérite d'être suivie avec prudence plutôt qu'interprétée comme une tendance de fond.