L'or chute sous les 4 200 $, un plus bas en deux mois : la Fed et les tensions Iran-États-Unis pèsent
Le cours de l'or est passé sous le seuil des 4 200 dollars l'once lundi 28 septembre 2026, son niveau le plus bas depuis début août, dans un repli d'environ 2,5 % sur la séance. Ce mouvement intervient alors que les anticipations d'une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine se renforcent nettement, et que les tensions entre Washington et Téhéran restent vives.
Une semaine déjà négative qui s'accélère
Après avoir terminé la semaine précédente à 4 284,91 dollars l'once (vendredi 25 septembre), en repli de 2,2 % sur cinq séances, le métal jaune a accentué sa baisse dès l'ouverture asiatique de la nouvelle semaine, glissant sous les 4 200 dollars. L'argent (XAG/USD) a suivi la même dynamique, reculant à 62,64 dollars l'once, soit environ -2,6 % sur la séance et -3,1 % sur la semaine écoulée.
La probabilité d'une hausse de taux Fed grimpe à 70 %
Le principal facteur de ce repli reste la révision à la hausse des anticipations de politique monétaire américaine. Les contrats à terme évaluent désormais à environ 70 % la probabilité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed lors de la réunion du 28 octobre, contre environ 55 % la semaine précédente. Ce durcissement des attentes a été alimenté par des commentaires jugés hawkish de la présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, qui a insisté sur le risque d'ancrage d'une "mentalité inflationniste" dans l'économie américaine.
Cette perspective d'un resserrement monétaire plus marqué a fait grimper les rendements obligataires américains, le taux à 10 ans évoluant autour de 5,2 %, et renforcé l'indice dollar, qui évolue au-dessus de 101,00. Or l'or, actif qui ne verse aucun rendement, devient mécaniquement moins attractif lorsque les taux réels et le dollar progressent simultanément.
Le facteur géopolitique Iran continue de peser sur les marchés
À ce contexte monétaire s'ajoute une dimension géopolitique : Donald Trump a rejeté une proposition iranienne visant à mettre fin aux tensions dans la région, tandis que Téhéran a réaffirmé être prêt aussi bien à une "diplomatie réelle" qu'à une confrontation. Habituellement moteur de la demande d'or comme valeur refuge, ce climat d'incertitude joue ici un rôle plus ambigu : la résilience du pétrole qu'il entretient alimente les craintes inflationnistes, ce qui pousse à son tour les rendements obligataires à la hausse et limite le rebond de l'or. Sur les marchés actions, les contrats à terme sur les indices américains évoluaient en baisse de 0,4 % à 0,9 % lundi matin.
Ce qu'il faut surveiller cette semaine
Deux publications macroéconomiques américaines seront scrutées de près : l'indice des prix PCE d'août, attendu mercredi, et le rapport sur l'emploi non agricole (NFP) de septembre, attendu vendredi. Un chiffre d'inflation PCE plus chaud que prévu ou des créations d'emplois solides renforceraient les anticipations de hausse de taux et pourraient maintenir le dollar à ses plus hauts niveaux en deux mois, plafonnant d'autant le potentiel de rebond de l'or à court terme.
Sources
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