Les chiffres de l'indice PCE (Personal Consumption Expenditures), la mesure d'inflation privilégiée par la Réserve fédérale américaine, publiés le 30 septembre, ont surpris par leur modération. En août, l'indice PCE global a progressé de 0,3 % sur un mois et de 3,4 % sur un an, tandis que l'indice PCE « core » (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,2 % sur le mois pour s'établir à 3,0 % sur un an. Le marché attendait des chiffres nettement plus élevés, à 3,7 % pour le PCE global et 3,3 % pour le PCE core, selon FXStreet.
Cette publication intervient alors que les investisseurs anticipaient depuis plusieurs semaines une nouvelle hausse de taux de la Fed en octobre, la probabilité implicite atteignant près de 70 % en début de semaine. Selon le rapport quotidien de Kitco News, cette probabilité est retombée dans la basse quarantaine après la publication, les marchés jugeant qu'une inflation moins pressante laisse à la banque centrale davantage de marge pour temporiser.
Sur le marché des changes, le dollar a reculé après avoir touché un sommet de deux mois mardi, offrant un peu d'air aux devises concurrentes. L'or, sensible aux anticipations de taux, en a profité : le métal jaune s'échangeait autour de 4 211,70 $ l'once, en hausse de 0,73 % sur la séance, toujours selon Kitco. Le rendement du Trésor américain à 10 ans, de son côté, restait proche du seuil élevé de 5,2 %, un niveau qui continue de peser sur la valorisation des actifs à risque.
Les indices actions terminent le trimestre dans le rouge
Sur les indices actions, la séance du 30 septembre, qui clôturait aussi le troisième trimestre, s'est achevée dans le rouge malgré la bonne nouvelle sur l'inflation : le S&P 500 a cédé 0,04 %, le Nasdaq Composite 0,37 % et le Dow Jones 0,70 %, selon TheStreet. Les trois indices avaient pourtant inscrit plusieurs records de clôture au cours du trimestre écoulé, portés notamment par les valeurs technologiques liées à l'intelligence artificielle.
Ce que cet épisode illustre pour un trader
Ce enchaînement illustre un mécanisme classique du trading macro : une donnée d'inflation plus faible qu'attendu réduit les anticipations de resserrement monétaire, ce qui tend à affaiblir la devise du pays concerné — ici le dollar — et à soutenir des actifs sans rendement comme l'or. Les rendements obligataires et les indices actions réagissent eux à un ensemble de facteurs plus large, ce qui explique que le recul du dollar ne se soit pas automatiquement traduit par une hausse des indices ce jour-là. Suivre le calendrier macroéconomique (PCE, emploi, décisions de taux) reste une étape incontournable avant toute prise de position sur le forex, les métaux ou les indices.